Guyane autre pays du Bio

La Guyane est située au nord du continent sud-américain, elle occupe 320 km de littoral atlantique. En profondeur, elle s’étend sur environ 4 degrés de longitude, entre le 2eme et 6eme parallèle nord, ce qui situe sa partie la plus méridionale a 200 kilométrés de l’équateur. Elle est séparée du Surinam à l’ ouest, par le fleuve Maroni et du Brésil, à l’est, par le fleuve Oyapock. Au sud la frontière avec le Brésil est beaucoup moins nette et correspond à la ligne de partage de leurs eaux d’avec celles de l’Amazone. Comme telle, la Guyane forme une sorte de quadrilatère dont la surface est d’environ 90 000 km2. Sa plus longue distance, du nord au sud, est de 400 km et sa plus courte, d’ouest en est, de 200 km.

Les frontières  n’ont pas été commodes à définir. Vu les espaces quasi vides d’hommes qu’elles traversent, elles n’ont retenu l’attention que tardivement, et par deux fois, à l’occasion de découvertes d’or. En 1888, ce fut côté Guyane néerlandaise, à propos du secteur compris entre Tapanahony et Lawa. Si l’accord s’était bien effectué au traité d’Utrecht (1713) sur le Maroni, rien n’avait été précisé pour ses formateurs. L’arbitrage du tsar fut demandé et celui-ci trancha en faveur des Pays-Bas. Le deuxième «contesté», en 1893 concernait l’Amapa et l’arbitrage de la Confédération helvétique, en 1900 fut favorable au Brésil, rejetant les prétentions françaises d’arrêter la Guyane à l’Araguari proche de l’Amazone. La limite de l’Oyapock ne posa pas de difficulté d’application, a la différence du Maroni.

Côté Maroni en effet la population est plus nombreuse, le fleuve comporte des chapelets d’îles et il se ramifie vers l’amont en plusieurs bras. Une convention signée à Paris en 1915 établit que la frontière suit la ligne médiane entre ses deux rives, les îles, de l’île Stoelman (au Surinam) à l’île Portal relevant de l’un ou l’autre des pays en suivant leur position par rapport à cette ligne. Un projet de convention a été établi a La Haye en 1975 et signé à Paramaribo le 15 août 1977, en même
temps qu’un accord de coopération économique et financière avec le Surinam.

En ce qui concerne la frontière méridionale de la Guyane avec le Brésil, elle a fait l’objet d’un abornement en 1957 et ne pose pas actuellement de problèmes pratiques. Quant aux eaux territoriales, la limite de 12 milles a été portée, en 1972
à 80 milles afin de mieux assurer la conservation des ressources biologiques
de la mer. Le Brésil ayant adopté comme limite de ses eaux territoriales
200 milles en 1977, une zone économique s’étendant de la limite extérieure
des eaux territoriales jusqu’à 188 milles, a été définie par le décret du 25 février 1977. Cette limite est située bien au-delà du rebord du plateau continental qui se tient, en moyenne, à 80 milles (150 km) des côtes. La superficie intéressée représente quelque 130 000 km2. Ainsi pourraient être refoulés les chalutiers étrangers qui écument la mer, mais l’application s’avérera sans doute bien difficile. D’ores et déjà un règlement de la CEE de 1977 soumet la pêche dans cette zone à l’octroi de licences qui ne sont accordées qu’en petit nombre à quelques états. La Guyane est éloignée de Fort-de-France de 1 500 km, de New York et de Dakar de 4 000 km, de Paris de 7100 km ; ces distances, autrefois considérables, ne comptent plus autant, depuis qu’il y a des liaisons aériennes.

En revanche les communications avec le continent sud-américain sont moins aisées : Brasilia, située à 2 300 km, n’est pas desservie directement Manaus à 1 200 km, l’est seulement depuis peu de temps ainsi que Lima a 2 000 km plus loin. A part la liaison routière récente avec le Surinam voisin, et celle en préparation vers l’excentrique province brésilienne de l’Amapa, l’isolement est considérable devant cet autre « océan » de foret qu est l’Amazonie, si bien que la Guyane peut faire figure d’île aussi, comme les Antilles. Cette  situation que partagent les Guyanes voisines, mais chacune a sa façon dans son environnement physique et culturel – est source d originalité et sans doute de bien de ses problèmes au sein de la communauté française.

La suite bientôt sur la Guyane !

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