Habitant les bastions rocheux qui émergent de la garrigue, plus rarement d’autres sites méditerranéens, le hibou grand duc (Bubo bubo) partage avec l’aigle de Bonelli (Hieraetus fasciatus) et ponctuellement avec l’aigle royal (Aquila chrysaetos) des terrains de chasse immenses. Son avantage est de vivre la nuit. Sa présence est, de ce fait, souvent ignorée, ce qui lui permet de chasser ou de nicher dans le voisinage immédiat de l’homme. Son rythme d’activité lui offre un choix de proies potentielles et rentables plus facilement accessibles. La garrigue a toujours été un paysage idéal pour le hibou grand duc. Il y a conservé des effectifs, même lorsque la population française a décliné dans les années 1950-1960. Sensible à la présence d’un bon poste de chant, le hibou grand duc peut coloniser jusqu’à des milieux dépourvus des accueils rocheux qu’il affectionne d’ordinaire. Il établit son aire, par exemple, à même le sol, au pied d’un chêne vert. Sa présence et surtout son abondance sont étroitement liées aux ressources tropiques de la garrigue qu’il exploite, il est vrai, dans sa diversité, du martinet noir au renardeau en passant par l’écrevisse, le rouge-gorge, l’épervier, etc. Néanmoins, sa proie prééminente en région méditerranéenne est le lapin. Le sur-mulot est devenu un autre aliment de base pour certains couples dont la paresse est fonction des commodités d’une plantureuse décharge à portée de vol.