Catégorie : Afrique

Artisanat en Guyanne Française

En matière d’artisanat, les débouchés sont plus limités, étant donné la concurrence des produits importés. La production locale d’or est susceptible de satisfaire totalement la quarantaine de bijoutiers puisque l’on estime leur consommation à 100 kg par an. Certains, de souche chinoise notamment, ont un art très perfectionné. Le reste de l’artisanat est plutôt tourné vers les objets d’ornements que vers les productions utilitaires ; il est plus particulièrement le fait des populations indiennes ou bonies.
Ce tableau de l’industrie et de l’artisanat en Guyane ne pourrait guère être poussé beaucoup plus loin. Là encore ce ne sont ni les projets ni les échecs qui ont manqué. Parmi les premiers, on rappellera ceux qui eurent pour but la valorisation des produits de la terre : fabrique de sucre (1952), conserverie d’ananas (1964), Fabrication de linge de lit local, fabrication de coeurs de pinot. Parmi les échecs une petite rizerie, une fabrique de stylos à billes (1962) qui se proposait d’écouler ses marchandises elà des frontières, une brasserie qui fut montée en 1968 pour 15 000 ha, enfin l’usine de placages de Dérad des Cannes qui ne dura que de 1967 à 1970. On saisit tout de suite les difficultés qui peuvent surgir pour toutes ces activités : l’étroitesse du marché. la rareté de la main-d’œuvre expérimentée, son coût élevé, y compris des charges sociales, le prix du Prêt, la concurrence des produits similaires importés, les difficultés d’entretien des matériels, le remplacement des pièces usagées…Cela n’a rien à voir avec un voyage en Inde tout de même.

L’Etat souhaiterait promouvoir des activités dans le secteur secondaire ne serait-ce que pour procurer des emplois aux jeunes, mais aussi pour cr une richesse véritable. Il a mis au point dès 1961 (86), en plus de certai1 avantages d’ordre fiscal pour les entreprises qui voudraient s’installer (87), un système d’incitations qui comporte deux sortes de primes, d’une part des primes d’équipement applicables à toute activité industrielle — sauf hôtelière dont le montant peut atteindre 30 % des dépenses de construction, d’aménagement, mais pas de celles d’achat de terrain, de matériel de bureau. D’autre part des primes spéciales sont accordées pour les entreprises créant dix emplois nouveaux permanents cinq seulement depuis 1976 (88), quelle que soit leur nature, à l’exception des emplois de direction. La participation atteint 37 % du montant des salaires versés la première année, elle est ensuite dégressive. En 1976, six entreprises ont obtenu 7,3 millions de francs de primes pour des investissements de 39,1 millions de francs, correspondant à 159 emplois nouveaux.
L’artisanat qui semblait avoir été oublié ne l’est plus depuis 1975 (89). Des primes de 8 000 à 16 000 F peuvent être accordées pour l’installation ou le transfert des entreprises artisanales en milieu rural ou en zone urbaine. En 1976 (90) a d’autre part été instituée, à titre exceptionnel, une prime d’incitation à la création d’emplois par les artisans des DOM inscrits au registre des métiers. Cette prime peut être accordée pendant six mois sur la base d’un taux mensuel de 400 F par emploi nouveau. L’Etat s’attache par ailleurs à créer des infrastructures. Après avoir achevé le port du Dégrad des Cannes, des espaces vont y être aménagés en zone industrielle (91) ; 170 à 240 ha pour les produits forestiers, la bauxite, la centrale EDF, le stockage des hydrocarbures, une cimenterie et diverses petites industries. De nouvelles routes sont aussi en préparation pour faciliter l’accès à l’intérieur du pays. Il est difficile de se faire une idée exacte en dehors d’enquêtes su place  de la structure réelle des entreprises guyanaises. La juxtaposition des rôles des patentes et des déclarations de salaires ne fournit pas d données probantes, volontairement minorées dans le premier cas et majorée dans l’autre du fait des méthodes de recensement. Ce phénomène joue surtout pour les plus petites entreprises.

Le cimetière des éléphants ?

Il y a de nombreuses années, le botaniste suisse Allemand Peter R. O. Bally a découvert à Nairobi, au bord de la rivière Tana, un moderne cimetière d’éléphants.

Dans cette contrée, il s’est trouvé tout à coup en présence de terres marécageuses dans lesquelles gisaient plusieurs cadavres de pachydermes; un éléphant, qui vivait encore, était pris dans la vase. Il est fort probable que cet animal s’était imprudemment aventuré sur un sol mouvant, oû il s’était enlisé. Luttant désespérément, il essayait de se dégager; mais malgré l’intervention de Bally assisté de nombreux indigènes, il ne put être sauvé. L’animal était déjà trop épuisé pour se dresser sur ses jambes. Quant aux autres cadavres, il ne pouvait s’agir de vieilles bêtes éventuellement fatiguées de la vie, c’étaient tout simplement des victimes de la traîtrise du sol marécageux. Chaque année, des éléphants de tout âge périssent de cette cruelle manière; et c’est ce qui a fait naître la légende selon laquelle les éléphants âgés ou désirant en finir avec la vie rechercheraient certains endroits où mettre un terme à leur existence. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec la plus entière certitude que les animaux dont on a retrouvé les squelettes groupés n’ont jamais eu l’intention de mettre fin à leurs jours, mais qu’ils sont tombés dans des pièges tendus par la nature. En attendant, nous sommes toujours en arrêt devant notre éléphant mâle; de la trompe, il arrache les feuilles d’un arbuste et s’en nourrit avec une visible satisfaction; cette trompe est décidément un organe merveilleux! A tout prendre, elle ne représente que la prolongation du nez de la bête, celui-ci se composant de la musculature de l’organe olfactif et de la lèvre supérieure. A l’extrémité de sa trompe, l’éléphant africain possède deux doigts inégaux se faisant face et qui lui permettent de saisir même les objets les plus petits. La trompe est un instrument universel servant aux usages les plus variés. Elle fait fonction de périscope de l’odorat; lorsque nous nous approchons avec le vent, et sans être aperçus, d’une troupe d’éléphants, il est possible de s’en rendre compte de la manière la plus intéressante. Tout à coup, et comme sur un commandement, toutes les bêtes dressent la trompe, aspirent bruyamment de l’air et dirigent de notre côté l’extrémité de cet organe; maintenant, les éléphants savent qu’il y a des hommes à proximité. La trompe permet à l’éléphant de se saisir de sa nourriture; à l’aide de cet organe, l’animal arrache des feuilles, des touffes d’herbe, même de la terre ou du sable. Dans les jardins zoologiques, les éléphants se servent de leur trompe pour former, avec une extraordinaire adresse, de véritables paquets de fourrage court, qu’ils portent ensuite à leur bouche. Parfois, un éléphant cesse tout à coup de manger, il enfonce sa trompe dans sa bouche pour en extraire quelque chose qui n’est pas de son goût. Voilà pourquoi il est si difficile, dans les jardins zoologiques, de faire prendre aux éléphants des médicaments sous forme de pilules dissimulées dans le fourrage, l’animal ayant tôt fait de constater la présence de ces corps étrangers, dont il se débarrasse avec habileté. Chacun sait que les éléphants boivent en se servant de leur trompe, qu’ils plongent dans l’eau pour la remplir et la vider ensuite dans leur bouche en soufflant fortement. Certains éléphants enfoncent dans l’eau une trompe recourbée, aspirant ainsi le liquide se trouvant à la surface. Souvent, ces pachydermes s’aspergent abondamment pour se rafraîchir un peu; dans la plupart des cas, la face postérieure des oreilles est copieusement arrosée, puisque c’est là, ainsi que nous le disions tantôt, que s’effectue l’égalisation de la chaleur corporelle. Fréquemment, après avoir bu, l’éléphant a soin de nettoyer sa trompe, qu’il introduit dans sa bouche en faisant entendre un bruit singulier provoqué par un mouvement de succion; durant cet exercice, la trompe se ratatine et paraît toute flétrie. Il arrive aussi que l’éléphant foule sa trompe en la plaçant sous l’un de ses larges pieds; on suppose que ce faisant, il tente de se débarrasser des parasites qui se sont installés dans les conduits narinaux. Nombre d’observateurs décrivent la trompe des éléphants comme étant une arme terrible. Pourtant, je n’ai encore jamais eu l’occasion de constater que des éléphants s’en servent entre eux comme d’une arme. Cependant, la pratique du cirque et la fréquentation des jardins zoologiques permettent d’affirmer que l’homme n’a guère de chances de survivre à un coup de trompe bien appliqué, l’organisme humain n’étant pas tel qu’il puisse résister sans autre aux atteintes d’une aussi énorme matraque. Je crois que ce n’est qu’en captivité que les éléphants apprennent à se servir de leur trompe comme d’une arme utilisable contre les hommes. Lorsqu’il attaque, l’éléphant roule sa trompe et fait intervenir en tout premier lieu ses puissantes défenses. Mais le moment est venu de poursuivre notre route. Nous nous éloignons donc de la plaine de Rwindi, après avoir jeté un dernier regard à l’énorme pachyderme, et notre auto atteint bien-tôt la rivière où nous avons la chance de découvrir de nombreux éléphants prenant leur bain. Lentement, les bêtes entrent dans l’eau, quelques unes s’avancent assez pour que l’eau leur arrive jusqu’au ventre. Une grande femelle se couche sur le flanc, elle disparaît presque com-plètement, seule la trompe émergeant de temps à autre de l’élément liquide pour pomper de l’air; l’animal asperge abondamment la partie du corps ne plongeant pas dans l’eau. Une autre femelle, accompagnée d’un petit pouvant tout au plus compter cinq mois et dont la taille ne dépasse pas un mètre, se tient tout près de la rive, parce qu’elle ne veut pas que son rejeton abandonne la terre ferme. Elle se douche copieusement et arrose l’éléphanteau, qui paraît prendre un vif plaisir à ces soins de beauté. Continuellement, le petit s’insinue entre les jambes de sa mère, il semble vouloir jouer à la boxe et finit par se fixer à la tétine maternelle. L’élé-phanteau désireux de s’alimenter rejette sa trompe en arrière et, de la bouche, boit à longs traits, en quoi il fait exactement comme les autres mammifères; ce n’est que beaucoup plus tard qu’il apprend à se servir de sa trompe pour pomper de l’eau. Chez les éléphants, le bain est une impérieuse nécessité; si la peau n’est pas fréquemment imprégnée d’eau, elle se crevasse et ne tarde pas à perdre toute apparence. Après que la peau a absorbé suffisamment d’eau, l’éléphant se frotte volontiers contre des roches ou des arbres; dans les régions boisées, on dé-couvre fréquemment les traces laissées par ce genre d’exercice. — Maintenant, notre troupe a pris son bain, et, les unes après les autres, les bêtes regagnent la terre ferme. Le soleil darde ses rayons verticalement, il règne une chaleur excessive. D’un pas lent et mesuré, les animaux se retirent dans le bois voisin, où ils s’installent à l’ombre. C’est là qu’ils passent les heures les plus brûlantes. Là également se fait la digestion. Si nous nous approchons avec précaution, nous surprendrons peut-être quelques bêtes en train de somnoler; à un rythme lent et régulier, les oreilles s’écartent et se replient, la queue se meut nonchalamment. Quelques bêtes appuient leur trompe sur le sol, un grand mâle l’a placée sur une de ses défenses. Les petits s’étendent, écrasant l’herbe de la steppe comme ferait un rouleau compresseur. On a peine à comprendre que l’on n’ait jamais dressé les éléphants africains pour en faire de véritables bêtes de travail. On sait que dans l’antiquité, les Carthaginois et les Romains ont employé des éléphants africains pour faire la guerre. Mais de nos jours, les habitants du continent noir ont perdu la faculté de domestiquer ces pachydermes. Les Belges ont organisé sur une grande échelle une tentative de domestication. Depuis une cinquantaine d’années, il existe dans le Haut-Congo une station de dressage d’éléphants; là se trouvent continuellement vingt à quarante bêtes, quelques succès ayant déjà été enregistrés en matière d’élevage.

Madagascar

L’île et les Lémuriens

Les lémurs mongos sont des animaux paisibles et sociaux. A Madagascar, ils vivent en groupes familiaux monogames tandis qu’aux Comores on les trouve en groupes importants et les adultes ne semblent pas former de couples, puis recommencent à se nourrir juste avant l’aube. Sur les plateaux plus froids et pluvieux de Ndzouani, on les observe souvent en pleine activité pendant la journée.

Toutefois, où qu’ils vivent, les lémurs mongos se distinguent par leur nature apparemment très pacifique. On les a rarement vus se battre entre eux, même pas pour leur habitat. Ils sont exclusivement arboricoles et c’est vers la cime des arbres qu’on les observe le plus souvent car ils ne descendent presque jamais au sol. Le lémur mongos, comme tous les autres membres de la famille des Lémuridés est végétarien. Cependant, si la plupart des autres espèces semblent avoir un régime très orthodoxe, se nourrissant de divers fruits, feuilles et fleurs, le lémur mongos apparaît plus spécialisé. Des observations faites au nord-ouest de Madagascar indiquent qu’il se nourrit principalement du nectar des fleurs de quelques espèces d’arbres seulement. Une étude montre que ce lémur passe la plupart du temps qu’il consacre à se nourrir à lécher le nectar des fleurs, le reste du temps étant passé à manger des fruits. On ne sait si cette règle se vérifie ailleurs mais il est probable que le nectar occupe une place de choix dans le régime de ce lémur.

Le lémur mongos a des ennemis naturels. A Madagas-car et aux Comores, il n’y a pas de grands carnivores mais certains des grands oiseaux de proie ou même le boa arboricole Sanzinia madagascariensis prélèvent sans doute à l’occasion un individu ou deux, probable-ment des jeunes. Malheureusement sa survie est menacée qui en sera surpris par le plus prolifique et le plus dangereux de tous les singes, l’homme. A Madagascar, le territoire du lémur mongos se limite au nord-ouest, région où la forêt est ravagée principale-ment par les brûlis qui font place nette pour les cultures ou le bétail. Les arbres où il vit disparaissant, le lémur mongos finira par subir le même sort. Les malgaches chassent aussi fréquemment les lémurs pour se nourrir et même là où il reste des arbres, l’animal trouve rarement la paix. Pour beaucoup, l’avenir du lémur mongos à Madagascar paraît bien sombre. Au Comores, la situation semble – du moins semblait jusqu’à ces dernières années – un peu plus positive. lan Tattersall, primatologue qui a étudié le lémur mongos, s’est rendu dans ces îles dans la deuxième moitié des années 70. Il a constaté que Moili, dont la population humaine est peu nombreuse (environ 40 habitants au kilomètre carré) était presque entièrement couverte d’une végétation ligneuse. Les lémurs mongos y étaient abondants partout, même dans les cocoteraies couvrant une bonne partie de l’île. A Ndzouani, où la densité de la population humaine est plus élevée (envi-ron 250 au kilomètre carré), les lémurs étaient beaucoup moins abondants dans les plaines littorales où la majorité de la population est installée. Dans l’inté-rieur de l’île, aux collines encore couvertes de forêts denses, humides et faiblement peuplées, les lémurs semblaient cependant plus abondants que n’importe où ailleurs. Les lémurs étaient rarement chassés tant sur une île que sur l’autre même si les enfants captu-raient parfois des petits.
Le lémur mongos est gravement menacé par la destruction de son habitat: la forêt. Pour garantir la survie de ces Prosimiens agiles, il convient de créer des réserves forestières de taille suffisante, dans l’aire de répartition de l’espèce.  La population humaine des deux îles a augmenté et la destruction des habitats naturels s’est fortement accélérée. Des voies de péné-tration ont été ouvertes dans les forêts de montagne de Ndzouani. Les lémurs, bien qu’ils ne soient rares en aucun cas, ont certainement vu leurs effectifs baisser et ce mouvement devrait se poursuivre, à moins que le déboisement ne cesse ou, du moins, ne soit fortement ralenti. Les Comorais n’ignorent pas le problème et les lémurs sont encore bien protégés, que ce soit par la coutume ou par la loi. Toutefois, protéger les lémurs ne suffit pas, à long terme, si l’on ne protège pas les régions où se trouve leur habitat. Certes, les Comores manquent des moyens financiers nécessaires à l’établissement de réserves forestières mais il n’est pas trop tard et, avec une aide extérieure, tout porte à croire que le lémur mongos enchantera les voyageurs de passage durant bien des années encore.

En savoir plus :

http://www.editoweb.eu/Valises-pretes-pour-Paris-Charles-de-Gaule_a29602.html

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